Le Chautay un village à la campagne, avec le canal de Berry et la rivière l’Aubois

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Petite histoire du Chautay

Petite histoire du Chautay et des environs

L’histoire du Chautay n’a pas été marquée par des évènements spectaculaires. Elle s’intègre à l’histoire de la région qui l’entoure. Les terres du Chautay ont été, selon les époques, rattachées au Nivernais ou au Bourbonnais avant de rejoindre le Berry à la Révolution, par la création des départements.

1 – Epoques celtique et gallo-romaine

A l’époque celtique, il existe, situé dans la commune du Chautay, un terrain qui porte le nom de "champ de la pierre pointe" ou tantôt le nom de "champ de la pierre qui danse". Au milieu de cette pièce de terre, on voyait encore il y a des années ; une énorme pierre sauvage (en langue romaine veut dire qu’elle n’est pas taillée), provenant du Champ Sarrazin du nom de son propriétaire où Monsieur Roubet, archéologue, avait trouvé une villa romaine, peut-être d’anciens thermes. La Gaule de celtique devient romaine.

A l’époque gallo-romaine commence l’histoire connue ou écrite de la petite commune du Chautay. Elle était appelée alors "la terre de Sautel" ou "Cura de Chautay" La voie romaine allait d’Avaricum (Bourges) à Neverium (Nevers) et passait au-dessus de La Guerche

Ce fut l’époque des premières petites industries en particulier à Coude, un fief du Nivernais sur la paroisse de Patinges. Près de Coude s’était établie une colonie de potiers qui y avait ses "fouaces" c’est-à-dire ses fours. On y retrouve de nombreux débris de céramique d’époque gallo-romaine. On y fabriquait des vases épais, peu profonds arrondis.

On a retrouvé dans la région, de nombreuses pièces de monnaie.

Les Romains disposaient leurs tombeaux sur les bords des voies romaines ou des chemins qui y accédaient. L’usage d’enterrer les morts, leurs pieds vers l’orient était encore respecté parmi les chrétiens et en particulier rigoureusement observé en la paroisse du Chautay de l’époque romaine et mérovingienne. On retrouve de nombreux sarcophages près des églises, qui avaient remplacé les temples comme à côté de l’église du Gravier.

Les noms romains des localités à l’époque gallo-romaine se terminaient souvent par y ou ay, par exemple Le Chautay.

2 – Le Moyen Age

Le fief releva au moyen âge du Comté de Nevers puis passa au Chapitre Sainte Croix d’Orléans, seigneurs du Chautay jusqu’au XVIIIème siècle. Il y avait là un manoir contourné par un chemin qui rejoignait l’antique voie romaine.

Le nom du Chautay apparait sur le vocable Sautel (diplôme du roi Carloman). Plus tard, en 1682, il deviendra Chaulté et en 1692 Sautay.

La paroisse apparait sous le vocable de Saint Saturnin et se trouvait aussi sous la domination du Chapitre Sainte Croix d’Orléans.

Le Prieuré du Chautay abrita d’abord la collégiale des chanoines du Chapitre Saint Croix d’Orléans au IXème siècle. Celle-ci était de construction carolingienne bâtie vers 890 comme maison seigneuriale.

Vers 883-884 le très glorieux roi Carloman, sans doute Charles IX le Gros (884-887) la rendit aux chanoines de Sainte Croix d’Orléans, les terres de Sautel et de Marzy leur ayant été violemment enlevées.

C’est probablement au temps de Charlemagne, ou au moins au Xème siècle que le Chautay fut érigé en paroisse. Les terres du Chautay faisaient partie de la fondation et dotation du chapitre de Sainte Croix d’Orléans restituée par un acte du roi Carloman lors de sa 3ème année de règne.

Charlemagne meurt le 28 janvier 814.

Louis Le Pieux lui succède et meurt en 840.

Charles le Chauve, dernier fils de Louis le Preux et son successeur, se rendit au Chautay.

Sous le cardinalat Renaud de la PORTE, Archevêque de Bourges, en l’an 1320 le roi Philippe Le LONG accorde au Chautay la permission de tenir un marché le vendredi de chaque semaine ; cette concession suppose une population importante. Il existait alors au Chautay un boulanger, un boucher, deux tailleurs, deux charrons, deux maréchaux, deux vignerons, un maître-maçon et plusieurs marchands de poteries.

3- Chapitre de Sainte Croix d’Orléans

Les chanoines de Sainte Croix d’Orléans s’étaient établis au plus proche des bords de l’Allier et de la Loire mais pas trop près par sécurité. Les attaques et les pillages se faisaient par les voies d’eau.

Cet endroit avait été choisi pour surveiller et diriger l’extraction des carrières de pierre en particulier celles d’Apremont fameuses pour leur pierre tendre, facile à tailler, et pour leur blancheur.

Etablies en bordure de l’Allier les pierres étaient plus aisées à transporter par voie d’eau. Elles constituaient des matériaux parfaitement adaptés à la construction des cathédrales. Le transport s’effectuait sous la protection des seigneurs locaux. Les carrières fonctionnèrent très longtemps à Apremont avec une grande importance.

4 – Seigneur des Barres

En 1178, le vicomte Ebbon des Barres était seigneur de La Guerche. En 1216 le frère d’Ebbon, Willelme devint seigneur de La Guerche. La Guerche incluant les terres du Chautay était la quatrième baronnie du Nivernais.

Pierre des Barres partit en croisades vers 1270 où il mourût.

La baronnie resta dans la famille jusqu’en 1410, date à laquelle la dernière héritière se maria à Jehan de Saint Verain puis par remariage, passa au Sire de Chastellux et à la famille Beauvoir de Chastellux.

5 - Le XVIème et le XVIIème siècles

En 1543, le Duc d’Orléans reçut en apanage le Bourbonnais. A son décès, cette province revint au domaine royal. Puis après la mort d’Henri II, Catherine de Médicis la reçut en domaine.

Le Bourbonnais comprenait 17 chastellenies, dont Germigny. De celle-ci dépendait une partie du Gravier qui, avec La Guerche, n’était plus rattaché au Nivernais, tandis que Le Chautay y était resté rattaché avec le reste du Gravier.

Germigny était une ville close accompagnée d’un beau chastel-fort avec de belles halles pour la commodité des marchands, foires et marchés. Le châtelain de Germigny devait défendre le château fort et veiller au maintien des droits seigneuriaux. Il devait réunir les vassaux lorsqu’ils étaient appelés à prendre les armes pour le service de leur seigneur.

– Les faux sauniers En 1535, il y avait à Germigny une chambre de sel qui dépendait de Montluçon. Le sel se vendait très cher dans le centre de la France par la suite de l’éloignement des sources d’approvisionnement, mais aussi à cause de la forte taxation, la gabelle. Il existait des tribunaux des greniers à sel pour réprimer la fraude des faux sauniers. Les peines étaient lourdes : une amende de 200 livres et les galères pour 6 ans en cas de récidive pour ceux qui le faisaient à pied et sans armes, 700 livres et 9 ans de galères si récidive pour ceux qui le faisaient à cheval, charrette ou bateau, et ceux qui le faisaient en troupe et port d’armes écopaient de 98 ans de galère ou peine de mort si récidive. Les femmes, 100 livres pour la première fois, 3 000 livres pour la seconde et au fouet et bannissement perpétuel pour la troisième fois.

Les faux sauniers rodaient la nuit, portant de petits sacs longs et des vestes très courtes, un gros gourdin. et souvent armés, sur des chevaux agiles et vigoureux. Il était défendu de leur donner asile, victuailles et demandé de les dénoncer. Les épisodes brutaux n’étaient pas rares et on en aura un exemple ci-dessous.

Anecdote : En 1720 comme, presque toujours au mois de mai, les faux sauniers en groupe firent incursion dans la paroisse du Chautay, les chemins à cette saison étaient moins périlleux. Ils étaient douze avec dix- sept chevaux. Ils s’arrêtèrent devant le cabaret de Jean Pinel. La femme demanda aide à Pierre Giraud mais sous menace de mort, ils se firent servir à boire et manger, puis toujours sous menace de mort et ils entrèrent dans la cave pour percer les pièces de vin, fûts et poinçons. Ils partirent ensuite joyeux au milieu de l’aubépine en fleurs se moquant en passant près du Pilori qui portait les armoiries du Seigneur de Bernay. Ils revinrent souvent après. Messire Jacques Bernard Augier, ancien gentilhomme et Madame Louise de France et Président Trésorier au bureau des finances de la généralité de Paris et seigneurs de Bernay fit dresser procès-verbal au notaire royal de Germigny au sujet de la fracture faite à ses armes attachées au pilori de sa justice. Le pilori de bois de chêne, peint couleur d’ardoise d’environ six pieds et garni d’un barreau de fer, était planté au bord du grand chemin du Chautay, avenue de son Château (ceci dans la nuit du 15 au 16 mars 1770).

Le 9 février 1607 Etienne de Tenon devenait baron de La Guerche. Il l’avait acquise de Henriette de Clèves qui, un an après la mort de son glorieux époux Ludovic de Gonzague avait été obligée d’aliéner plusieurs de ses terres pour acquitter les dettes que son époux avait contractées au service du roi.

Son fils Antoine de Tenon lui succéda et appela aux vassaux de la baronnie la prééminence qu’ils devaient à leur seigneur suzerain. Isabeau de Corbigny épousa Jean de Tenon à la fin du XVème siècle. La maison de Regnier de la Guerchy donna successivement trois barons à la seigneurie de La Guerche de 1668 jusque vers 1767.

Vers 1660, résida dans la vallée de Germigny et à La Guerche, un régiment de dragons, dont certains logeaient au Chautay où ils se livrèrent à des exactions. En 1664, le remboursement des étapes (frais occasionnés par les troupes aux communes) afférent à la paroisse du Chautay, s’élevaient à deux cents livres. Le procureur proposa de prélever 100 livres sur cette somme pour l’acquisition d’un calice, parce que celui qui était à l’église avait été emporté par messires les visiteurs. Cette proposition fut acceptée.

Sans doute les Chapitres et les chanoines de sainte Croix d’Orléans qui étaient seigneurs du Chautay n’étaient guère soucieux des ornements de l’église paroissiale pour laquelle ils avaient droit de présentation Curiale.

6 – Le XVIIIème siècle

En 1738 Joseph de Tenon acquiert d’eux les droits de justice seigneuriaux et honorifiques.

Aussi est-il en 1744 qualifié de seigneur sur une cloche bénie à cette date , inscription maintenue sur le cloche actuelle. Les terres du Chautay, l’église et la cure (Cura de Chauteryo, alias Le Sautel Capituleur, sauctae crucis Auréli) restèrent propriété des chanoines de Sainte Croix jusqu’à la Révolution, les seigneurs du Chautay étant les doyens du Chapitre et chanoines de Sainte Croix d’Orléans.

7 - La Révolution

Entre 1789 et 1793, les révolutionnaires déposèrent à nouveau les cloches des églises du Chautay, du Gravier et de Germigny.

Au Gravier, pour sortir de la ville, il fallait passer sous la porte dite de Nevers qui portait les armoiries des Clèves sculptées sur ces arcades. Les armoiries furent mutilées pendant ces périodes révolutionnaires, tout comme pour les inscriptions de ce genre, dans la commune du Chautay et communes voisines par les républicains montagnards.

La constitution civile du clergé fut publiée à Bourges le 8 octobre 1790.

Le 2 avril 1791, sur 48 curés et 7 vicaires du district de Sancoins, 3 curés dont celui du Chautay refusèrent de prêter le serment pur et simple. Les autres prêtèrent serment. En France, 4 évêques sur 132 prêtèrent serment et la grande majorité des prêtes refusa. L’évêque de Bourges, Monseigneur Puységur fut déchu le 10 avril 1791, et dans la cathédrale fut élu son successeur Torné.

Les curés réfractaires habillés en ouvriers quel que soit leur âge furent envoyés pour travailler à casser les cailloux sur les routes voisines. Mais progressivement il y eut un revirement complet dans les populations contre ce régime de brutalité et de terreur et contre ces scandaleuses spoliations dans leurs paroisses, comme la privation de leurs cloches, la vénération de leurs saints et la pratique de leurs fêtes religieuses et familiales. Les biens du clergé et des émigrés sont mis à la disposition de la nation avec inventaire et adjudication.

Mais bon nombre de gens se rebellèrent et des émeutiers du Gravier, de la Guerche et de Nérondes furent condamnés à la peine capitale qui était exécutée à Sancoins. Le Tribunal criminel était une juridiction nouvelle investie par les lois de la Convention d’un pouvoir exceptionnel institué en 1792. A Sancoins, la guillotine était dressée en permanence dans la cité. La place publique allait appartenir à l’exécuteur des hautes œuvres et l’exhibition de cet instrument de supplice suscitait la curiosité populaire, inspirant des sentiments de terreur.

En décembre 1793, (1er Nivôse de l’an deuxième) se tenait à La Guerche la fête de Saint Thomas, foire ancienne et renommée. Les insurgés se réunirent pour demander les clés de l’Eglise, y remontèrent les cloches et réimplantèrent la croix pour les fêtes de Noël proches. Mais ce triomphe devait être de courte durée. La loi fut cruelle et les cloches redéposées et les émeutiers arrêtés, jugés et châties de peine de mort. Noël avait été effacé du calendrier frimaire. Le culte catholique étant aboli et remplacé par celui du culte républicain représenté par la déesse de la liberté.

Anne Faucon avait eu l’insigne honneur de la représenter à La Guerche, où s’était déroulée la cérémonie du brûlement des titres féodaux et de l’abolition du culte catholique. LE PATRIMOINE ARCHITECTURAL DU CHAUTAY

8 – L’Eglise du Chautay : Saint Saturnin

L’église du Chautay est une petite église rurale. Sa simplicité fait sa beauté. L’église fait partie des belles églises romanes du Berry.

Elle date de la fin du XIIème siècle, vers 1170.

Elle a été modifiée au XVIIème et au XIXème siècles.

Elle est composée :
-  d’une nef avec une voute en berceau brisé, entraits apparents, un lambris de couronnement et quatre hautes fenêtres à cintre rond. La porte occidentale est à linteau droit sous un fronton ogival. Celui-ci est encadré d’un gros tore posé sur des colonnettes à chapiteau de feuilles d’eau. Les arêtes du linteau sont abattues par un cavet meublé de macarons à stries variées.
-  A la suite d’un arc triomphal en trois-points, monté sur des colonnes engagées que terminent des chapiteaux garnis de palmettes ou de feuilles à l’extrémité recourbée en volutes, d’un chœur sans transept avec une coupole octogonale sur trompes, trompes très plates, comme on en remarque quelques-unes unes dans le département, base d’un clocher- tour haut de 25 mètres,
-  La tour du clocher a été reconstruite et surélevée en 1692 après un incendie et probablement modifiée à ce moment. Le chœur plus large que long est orné de chapiteaux qui portent des animaux fantastiques mangeant une tige foliée, les têtes formant les angles. Un représente de grandes tiges ou des feuilles indéterminées, un autre représente des colombes, le troisième des sortes de coquilles, le quatrième des coquilles d’un certain caractère, surmonté de quatre arcades ogivales et de petites fenêtres latérales.
-  une abside semi-circulaire en cul-de-four, éclairée par trois fenêtres avec colonnettes intérieures. En avant de l’abside, il y a, à droite et à gauche, deux arcades géminées séparées par deux colonnes courtes et trapues. L’abside est voûtée d’un quart de sphère qui se prolonge en berceau légèrement aigu.

La première travée du sanctuaire est surmontée d’une coupole octogone en blocage, établie sur des petites. La seconde travée est couverte d’un berceau brisée et sous l’arc doubleau qui le sépare de l’abside, les colonnes portent des chapiteaux où sont sculptés des ours et des masques. Leurs tailloirs sont allégés de doubles cavets, au-dessous d’une bande rehaussée de ligues ondulées ou de dents de scie. Les bases enfin sont creusées d’une scotie entre les tores et elles témoignent du troisième quart du XIIème siècle.

L’abside est ornée d’une arcature basse, montée sur des colonnettes comme les trois fenêtres qui éclairent le cul de four.

A l’extérieur une voussure torique entoure le portail brisé au tympan nu. De chaque coté des colonnettes ont leurs chapiteaux revêtus de feuilles d’eau. Dans les jambages de la baie, des rosaces côtelées sont réservées.

Au XVIIème siècle, la tour centrale du clocher a été refaite. On y voit des fenêtres géminées et tréflées.

Des contreforts rectangulaires soutiennent l’abside cerclée d’un bandeau de dents de scie qui les contourne. Sous le comble, la corniche droite repose sur des modillons à copeaux et à masques (bibliographie de Buhot de Kersers). De nombreuses églises de cette région du Berry sont d’époque carolingienne plus ou moins restaurées en raison de nombreux incendies généralement provoqués soit par des troupes anglaises soit lors de la réforme protestante, soit parfois par des incendies provenant de simples orages.

Dans l’église du Chautay, un autel latéral était dédié à Saint Loup. Il existe encore. A Orléans, dans la ville ancienne existe le quartier Saint Loup. Saint Loup était invoqué contre le mal de la peur. Le nom de ce saint révèle suffisamment l’espèce animale, carnivore dont furent victimes de pauvres enfants du Chautay. Le 9 août 1734 fut enterré Jean Daguin âgé de 15 ans qui eut la tête mangée ainsi que les entrailles par une bête. Sa tombe était sur la place actuelle de l’église.

L’église du Chautay a emprunté pour son dallage une pierre tombale qui se trouvait dan l’ancien cimetière. On y lit entre autres paroles : ici gît messire Guillaume de Tenon, écuyer décédé le 26 mai 1709. Guillaume de Tenon, paroissien du Chautay avait dicté son testament à Joseph Blondat, curé du lieu le 26 mai 1709.avec la modestie et la simplicité chrétienne et que tout ce qui pouvait sentir l’ostentation et la vaine gloire fut bannie. Il nomma pour tutrice à ses six enfants, Louise, Marie, Richard aïeule de sa femme. Sa femme Jeanne de Gallaix était la fille de Louise Richard de Saultrait qui décéda au Chautay. Nous supposons que si Guillaume de Tenon voulut être enterré dans le cimetière plutôt que dans l’église où il se trouve aujourd’hui avec sa petite tumulaire, c’est qu’alors il n’était pas encore seigneur de la paroisse.

Le 12 septembre 1762 Joseph de Tenon était inhumé à coté de son père et de son oncle Nicolas époux de Marie de Chaludet.

Chaque année, quand un délégué du Chapitre venait à la paroisse Saint Saturnin du Chautay faire sa visite domaniale, il était reçu au son des cloches. Il advint que Joseph de Tenon, écuyer, se rendit acquéreur moyennant deux livres de rentes foncières, des droits de justices seigneuriaux et honorifiques dont se départaient les vénérables doyens, chanoines et Chapitre de l’église d’Orléans. L’acte avait lieu au Châtelet d’Orléans en février 1738.

A la Révolution, le monument qui appartenait aux chanoines d’Orléans est devenu bien national, transformé en grange, puis prison, puis fabrique de salpêtre.

La petite église profanée, dépouillée, fut abandonnée aux intempéries des saisons. Elle servit de grange, de magasin pour les foins et les céréales mais on ne pensa même pas à la conservation de ses murs. L’humidité envahissant tout le gros œuvre et le salpêtre se mettant également de la partie détériorant l’enduit intérieur et une partie de la pierre.

A partir de 1801, l’existence de la paroisse du Chautay n’est plus reconnue.

Les fidèles pour accomplir leur devoir religieux étaient obligés de se rendre à l’église du Gravier qui avait pris le nom de la paroisse de la Guerche.

Le bâtiment a été racheté par le Vicomte Ernest de Montsaulnin et fit l’objet d’une première restauration.

Les travaux de réparation furent activement conduits : le gros œuvre de l’édifice fut consolidé, la charpente renouvelée, la toiture refaite à neuf, le sanctuaire réparé, la nef recarrelée, la table de communion replacée et le mobilier de l’église installé au grand complet. L’église fut remise à la fabrique (la paroisse) du Gravier et ainsi rendu au culte. Puis la paroisse fut rétablie en 1839. Ce fut un grand et beau jour de fête pour le Chautay ce 29 octobre 1839. En effet, depuis cinquante ans, aucune cérémonie religieuse n’y avait été célébrée. Tous les habitants du Chautay et un grand nombre de fidèles des paroisses voisines et leur prêtre s’était empressé de se rendre à cette splendide cérémonie présidée par monseigneur Vielle en habits pontificaux.

Aux environs de 1880, l’église bénéficia d’une nouvelle restauration avec une décoration dans le style de l’époque dit St Sulpice, qui s’est détériorée au fil du temps et dont il ne reste que quelques statues. Elle a été agrandie, côté sud par une sacristie d’ après les plans de l’architecte Delafosse. Le pignon et la porte occidentale ont alors été modifiés.

Toutefois, quelques réparations du clocher eurent lieu en 1908, 1937 et 1955.

Une troisième restauration a été entreprise entre 1987 et 1994.

Depuis, voici les travaux qui ont été réalisés :
-  restauration du toit de l’abside en 1987
-  restauration de l’abside par des bénévoles en 1987,
-  restauration du clocher en 1989,
-  restauration du Chœur en 1991
-  restauration des vitraux en 1991,
-  illumination de l’élise en 1992,
-  restauration de la nef en 1994,
-  réfection du réseau électrique du clocher en 2011.

L’église est sous la bienveillance de Saint Saturnin, évêque de Toulouse. Celui-ci est représenté par une sculpture polychrome sur le bois datant du XVIème siècle ;

En 1955, les artisans ont consolidé la croix et refait le plomb sous l’épi de la croix.

Le coq en cuivre a été fabriqué en 1873 et restauré en 1989 lors de la réfection du clocher.

Sur sa queue sont gravés ces mots : entr.Delhomme-Saugrin : Guy Boldy, Lucien Michot, Gilbert Nortier. J’ai été descendu le 27/07/1989, béni par Mgr Girard, M. le curé Courbault, remonté par M Melchior d’Aramon, Maire, le 09/09/1989.

Le monument a été inscrit aux Monuments Historiques le 20 décembre 2001.

L’église du Chautay possède une très belle peinture sur bois probablement de la fin du XVème ou début du XVIème siècle et représentant une mise au tombeau du Christ, peut- être d’une école italienne ou provençale. L’origine de ce tableau dans l’église n’est pas connue. Le tableau ne figure pas dans l’inventaire de 1905. La peinture a fait l’objet d’un premier nettoyage en 1991 par Monsieur Devulder, restaurateur à Bourges, qui en a signalé l’intérêt. L’oeuvre a fait aussi l’objet d’une inscription MH (le 15 février 2000) puis a bénéficié d’une restauration soignée par Monsieur Yves Crinel entre l’automne 2001 et le printemps 2003, sous l’égide de la Drac de la Région Centre et du Ministère des Affaires Culturelles. La restauration a concerné l’ébénisterie (démontage du parquetage ancien, traitement des panneaux en bois, fabrication d’un bâti support du tableau) puis la couche picturale. Le travail est relaté dans un intéressant rapport d’exécution qui est à la mairie.

9– Les cloches

Le 14 septembre 1738 une des cloches fut bénie par messire Damoville, vicaire général. Le parrain fut Joseph de Tenon et la marraine Dame Marguerite Roy Dame de Salles, veuve de Gicles de Boudeville, avocat au parlement. Jean Missonnier était le curé.

Une deuxième cloche, bénie le 8 mai 1744 par Jean Bourcier curé du lieu avec, comme parrain Gascoing de Delmeuse et marraine Dame Anne Charlotte de Ulmes épouse de Messire Joseph de Tenon, seigneur du Chautay. Les cloches bénies avaient comme noms Saint Joseph et Sainte Marguerite.

Le 8 mai 1744, eut lieu la bénédiction des deux cloches.

Elles ont été détruites à la Révolution, puis remplacées. A l’heure actuelle, il existe de nouveau deux cloches.

La grosse cloche située N.E (vers l’abside) Je me nomme Marie Marthe Je sonne le Sol Je pèse 530 kgs

1ère ligne : J’ai été bénite le 11 novembre 1900 par Monsieur Servonnet, Archevêque de Bourges, Monsieur l’Abbé Pierre Rousselet étant curé et Monsieur le Vicomte Louis de Montsaulnin, Maire du Chautay.

2ème ligne : J’ai eu pour parrain Monsieur Alexis Revenaz époux de Madame Marthe née de Bonvouloir des Réaux, née Maistre, veuve de Monsieur Le Comte de Montsaulnin de Bernay, Et pour marraine la Comtesse de Montsaulnin. MM A. Jobiniot – J. Desnoyers – J. Bedu – Ph. Pinsin – P.Chalumeau Fabriciens Charles Bollee Fabricant Orléans

La petite cloche : coté Ouest (canal) Je me nomme Marie Louis Guillemette Je sonne le Si Je pèse 260 kgs

1ère ligne : j’ai été bénite le 11 novembre 1900 par Monseigneur Pierre Servonnet, Archevêque de Bourges, Monsieur l’Abbé Pierre Rousselet étant curé et Monsieur le Vicomte Louis de Montsaulnin, Maire du Chautay.

2ème ligne : j’ai eu pour parrain Monsieur Le Comte Guillaume d’Aramon époux de madame la Comtesse Marguerite d’Aramon née de Montsaulnin de Bernay et pour marraine Madame Marie-Louise Revenaz née Lestapis, veuve de Monsieur Arthur Revenaz du Gravier.

Refondue en 1900, j’avais été bénite en 1744. Monsieur Boursier étant curé, parrain, Joseph de Tnon (Tenon) écuyer et Seigneur du Chautay –marraine Louise marie Gascoing, veuve de Louis Chamorot d’Auvernay, Conseiller du Roy et Maître particulier des eaux et forêts du Nivernais.

A l’époque des conflits avec les protestants, les manifestations dans la contrée furent très violentes. Des bandes s’étaient emparées du Chautay, de Menetou-Couture, du Gravier, parcourant les campagnes avec des torches à la main et détruisant tout sur leur passage, vidant et incendiant églises et presbytères ainsi que tous leurs objets.

10– L’ancien cimetière

Le cimetière était initialement contigu à l’église. Fréquemment lors de travaux faits sur la place de l’église, on retrouve des ossements jusque devant les portes même du manoir où étaient enterrés les moines à même le sol. Ils sont soigneusement laissés en place.

Sur l’emplacement même où avaient été déposées autrefois les dépouilles mortelles des descendants des barons de la Guerche et des familles de Tenon, il a été planté un arbre dit de la liberté. C’est un tilleul.Ses fleurs en seront données aux générations futures comme il en était encore coutume vers 1950 dans la commune de Germigny l’Exempt par les enfants des écoles juste avant les vacances d’été. L’implantation de l’arbre de la liberté sur la place ou du moins sa situation sur l’emplacement même des tombeaux des seigneurs n’est pas fortuite et répondait aux ligues révolutionnaires de cette période de l’histoire où les racines devaient finir d’absorber le sang des seigneurs.

On relate que les dépouilles mortelles des personnes qui allaient être ensevelies, étaient exposées avant la cérémonie sur une grande pierre de marbre.

11 - Le Prieuré du Chautay

La grande maison ou encore manoir du Chautay se voit à l’Est de l’Eglise. Elle serait d’époque carolingienne vers 890 et aurait été reconstruite en 1682. Elle a gardé des portes à accolades avec écussons vides. Dans la cour, il y a un escalier de pierre logé dans une haute tour carrée au milieu de la façade, une petite tourelle à l’angle. Quelques ouvertures irrégulières avec gorges et arêtes lui donnent un aspect archaïque comme les gentilhommières du XVème siècle.

12 – La grange aux dîmes

La grange aux dîmes du Chautay avait conservé un beau caractère architectural jusqu’à sa destruction..

Sur la pierre du grand appareil a été remarquée une grande écriture cursive. Cette grange appartenait au Chapitre Sainte Croix d’Orléans. La grange était destinée à serrer le bon et le mauvais grain.

On y avait aménagé la prison seigneuriale C’est de cette prison que furent extraits pour les galères plusieurs prisonniers (extrait des Assises du Chautay – archives d’Orléans). La date de la destruction de cette grange est mal connue.

13 – La Seigneurie de Bernay.

La seigneurie de Bernay au Chautay est signalée sur des documents du XVIème siècle. Elle se situait sur la rive gauche de la rivière. Il y avait probablement une maison forte car des traces de fondation ont été retrouvées. Il ne reste rien d’autre de cette construction.

La seigneurie appartenait au XVIème siècle à Antoine Breschard (1540) puis à Yehan Breschard (1582). Elle est acquise en 1602 par Etienne de Gascoing de famille nivernaise travaillant dans le commerce des fers et fontes puis transmise à ses descendants, Louis Annet de Gascoing et Jean Gascoing seigneur du Verger, puis à Edouard, Gilbert et Jean-Michel Gascoing en 1754.

Ces derniers la vendirent en 1767 à Bernard Augier, seigneur des Cougeat.

Le château a été revendu au Comte de Ligondés puis est passé ensuite par mariage et héritage à Madame la Vicomtesse de Montsaulnin.. Il est resté dans sa famille.

14 - Le château des Réaux

Au milieu du XIXème siècle, un maître de forges, Monsieur Revenaz, a construit non loin de la sidérurgie des Réaux, un château sur une colline surplombant trois étangs, dont deux servait au fonctionnement du haut fourneau et le troisième à l’approvisionnement en eau du château et de ses dépendances. La propriété a été vendue vers 1920 à une famille originaire d’Auvergne, Monsieur et Madame Henri Côte. Le château a été revendu plusieurs fois. Une partie du de la construction est dans le style néogothique en vogue à l’époque. Il offre maintenant des chambres d’hote classées parmi les 200 plus belles chambres d’hote de France.

Ruines d’une chapelle gothique Dan le parc du château des Réaux, à l’époque de construction du château au XIXème siècle, une ruine a été reconstruite, suivant le mode de ruines romantiques. Il s’agit de l’ancienne église de la paroisse de Patinges, paroisse transférée à la nouvelle commune de Torteron. Les ruines de l’église ont été transportées et remontées. Il reste un portail et une fenêtre de style gothique.

15 – Le moulin du Chautay

Sur la rivière l’Aubois, ont été réalisés au XVIIème siècle un bief et un moulin. Il a été modifié au XIXème siècle et était destiné à l’approvisionnement en farine de la nombreuse population du village (800 habitants vers 1860 contre 300 maintenant) importance liée à l’activité sidérurgique. Le moulin a cessé son activité vers 1970. Il a conservé une roue à aubes, visible en surplomb depuis le pont franchissant la rivière.

16 – Le canal de Berry

Le territoire de la commune est traversé par le canal de Berry. Décidé par Napoléon premier en 1807, le canal n’a été intégralement ouvert qu’en 1841 pour la branche Sancoins- Marseille- les- Aubigny. Le trafic important au XIXème siècle n’a cessé de décroître et, après un rebond pendant la dernière guerre, a disparu en 1955. Le canal a été déclassé en 1956 et vendu à la commune. Il aura servi pendant un siècle. Il reste aujourd’hui l’écluse des Andins et une belle promenade depuis la limite de commune avec La Guerche jusqu’à celle avec Tortelle soit environ deux kilomètres.

16 – Hauts fourneaux et forges en Val d’Aubois

C’est entre Loire et Allier dans Val d’Aubois que les cisterciens très entreprenants à Fontmorigny furent à l’origine d’un patrimoine industriel exceptionnel pour l’époque.

Dès 1339, les moines créèrent des moulins à fer.

Du bois, de l’eau et du minerai, la sidérurgie du val d’Aubois s’est développée et en particulier au XIXème siècle sur les terrains ferrugineux qui s’étendaient en bordure de la Loire et de l’Allier et ceci sur une distance d’une centaine de kilomètres.

Sur le domaine du Chautay dès 1516, le chapitre d’Orléans faisait acquisition auprès d’un nommé Thomas Couturier, d’une maison sise en sa justice appelée d’ancienneté "La maison de la forge". En 1694, le Chapitre d’Orléans céda la forge du Chautay à Antoine Godelinier, forgeron.

On sait que, sur la rive gauche de l’Aubois, face aux Réaux, existait une forge dite "La forge Bernot" avec halle, soufflets, étang, écluse, eau, jardins. On sait aussi que vers 1792, la citoyenne Marie Louise Charlotte de Méru, veuve de François de Ligondes, officier de marine, demeurant à Bernay, était propriétaire du Fourneau de Salles à Mauregard, lequel est ensuite passé par héritage entre les mains de Monsieur Le Comte de Montsaulnin, Monsieur de Neuchèze étant propriétaire du fourneau du Chautay.

A La Guerche se trouvent les ruines d’un haut fourneau du XVIème siècle et une magnifique halle à charbon à Grossouvre et à Torteron, plus tardivement, fut le village,, de la fonte de Feuillade.

Ainsi au Chautay, ont été construits deux hauts fourneaux, l’un aux Réaux, l’autre plus tardif à Mauregard qui se firent une concurrence sévère pour l’approvisionnement en minerai et pour l’utilisation de l’eau ressource nécessaire du processus industriel.

Le fourneau de Salles fut complètement abandonné par suite de l’importance donnée aux fourneaux de Feuillarde, du Chautay et de la Guerche dirigés par la compagnie de Fourchambault et qui dans le même temps, créait le considérable établissement de Torteron. En 1758 les forges et fourneau de Torteron appartenaient à Pierre Noël Leveille du Fournay époux d’Elizabeth Bernot de Charrant. Il mourut en 1777. Sa fille épousa Aimable Charles de Champs, seigneur du Creuzet. Le fourneau avait été béni par le curé du Chautay qui avait eu droit à deux sacs de charbon

La sidérurgie s’est éteinte définitivement en 1882, après avoir connu de plusieurs phases difficiles. Le traité de commerce de 1860 ouvrant les frontières aux produits étrangers fut l’une des causes de l’arrêt mais plus encore, le remplacement du charbon de bois dont l’approvisionnement était devenu insuffisant par le coke, combustible plus dur permettant un chargement plus grand des hauts fourneaux. Une partie des équipements fut vendue à des usines de Montluçon. Il s‘en suivit une crise économique du type de celle qui a frappé la Loraine dans les années 1960-1970 entrainant une forte diminution de la population de la zone et notamment du Chautay, aggravée par l’hécatombe de la guerre de 1914-1918. La population est passée au Chautay de 800 habitants vers 1850 à 300 maintenant.



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